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Paroles de la chanson «L'etat Assassine» (avec traduction) par Assassin

L'Homicide Volontaire (1995)
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Paroles et traduction de «L'etat Assassine»

L'etat Assassine ()

Reprise dans le cadre du film "La Haine", de Matthieu Kassovitz, qui raconte 24 heures de ka vie des banlieues après une nuit d'émeutes entachée d'une bavure, "L'Etat Assassine" aborde intelligemment et sans aucun débordement le thème des abus de pouvoir et des violences policières, thème par ailleurs constamment abordé dans le milieu du Hip-Hop, que ce soit par les anciens gangsters des ghettos qui se complaisent à rabaisser la police dans leurs textes ou, plus légitimement, par des MCs indignés du nombre incroyable de bavures policières.

L'atmosphère troublée, instable et oppressante du morceau de Rockin Squat collait si bien au role de Vincent Cassel (acteur principal, révelation du film et... frère de Rockin Squat, sous leurs vrais noms Vincent et Mathias Crochon), jeune juif (chacun des héros du film représentent une des minorités "opprimées" en France) et que les bavures policières font basculer dans la spirale de la violence, qu'elle deviendra l'hymne de ce film culte. Décrié par certains, dont les syndicats de policiers et le premier ministre de l'époque qui dénonceront une stigmatisation scandaleuse et une incitation à la haine envers les forces de l'ordre, le film tant que la B. O. (qui compte également des titres comme "Sacrifice de Poulet" de Ministère A. M. E. R. ) deviendront mythiques pour tous les amateurs de Hip-Hop.

Couplet 1
Rockin Squat commence en affirmant que le possee (groupe, en anglais) Assassin fait sans nulle doute partie des groupes que l'on écoute, il va donc librement en profiter pour réveiller les consciences...
Il demande d'abord qui sont vraiments les fautifs et qui ceux qu'on enferme, sous-entendant qu'il existe une différence évidante entre les deux. Il pousuit en disant que l'école nous apprend des modèles, des exemples à suivre (vu le contexte, en parlant des hommes politiques et des courageux policiers) mais que la vie lui a révèler le vrai coté de ces "fils de putes" qui nous gouvernent, à savoir que l'Etat assassine, qu'il opprime le peuple et en nettoie les récalcitrants.
Il dit que la police s'exprime systématiquement par la violence et souhaite que personne d'entre nous ne finisse comme Malik Oussekine, jeune étudiant totalement innoncent aux mouvements etudiants se déroulant le soir de la mort et qui s'est pourtant lâchement fait passer à tabac par la police après être simplement sorti de son club de jazz... (un million de personnes dans toute la France lui rendront hommage, le corps des "voltigeurs" de la police qui était impliqué dans l'affaire sera dissous et l'Etat accedera finalement aux revendications étudiantes sur les réformes universitaires).

"Pas un mot sur les crimes quand l'Etat assassine.
On t'opprime, si ça ne va pas, on te supprime.
Pô, pô, pô, voilà comment la police s'exprime.
Personne d'entre nous ne veut finir comme Malek Oussekine. "

Pour lui la police est comme un gang et, dans tous les pays, en Corse (allusions aux terroristes de l'ETA et aux méthodes musclées de la police) comme en Irlande (allusions à l'état de guerre terroriste existant à l'époque et qui conduisait les policiers à se montrer impitoyable envers les suspects) et en Afrique Noire ou au Maghreb (cette fois-ci l'allusion est plus directe, puisque que certains de ces pays sont au bord du régime autoritaire et que l'image de police mafieuse et magouilleuse n'est pas, là-bas, une caricature). Il poursuit en disant que, dans tous ses pays, notre sang vient de la même source, les causes en sont les mêmes : les bavures ou les abus de pouvoir policiers (par "notre", entendez toutes les personnes opprimées, tous les citoyens victimes de policiers qui se prennent pour des "Rambos").
Il dit qu'il ne vote pas car la politique ne l'intéresse pas ( peut-être qu'il ne croit plus en elle), il dit qu'il rappe pour les personnes rejetées, marginales, en bas de l'échelle sociale, et pas pour les bouffons. Il déclare qu'il ne vendra pas son cul, qu'il n'est pas un vendu mais que pour les autres il a du plomb. Il fait ensuite remarquer que la justice ne condamne que les plus faibles ou les personnes sans-importance, mais que les hommes politiques, les hauts fonctionnaires de l'Etat et leurs représentants les policiers ne sont jamais condamnés.

"La justice juge sur des critères bien définies
80% des prisonniers sont ouvriers, chômeurs ou sans-logis
Combien de keufs sont incarcérés ?
Dites-moi simplement dans l'Histoire
Le nombre d'hommes politiques déjà condamnés ? "

Il cite alors, pour appuyer ses accusations, trois personnes mortes par la faute des policiers ayant fait usage de leurs armes (Christophe Matthieu, Mohamed Diab, le petit Thibeau) et qui sont pourtant à l'abri de toute condamnation. Il reproche alors à l'opinion publique de les critiquer, de les accuser d'atteinte à la sûreté de l'Etat, et dixit que la jeunesse n'a pas besoin d'Assassin pour voir que l'Etat abuse de son pouvoir. Il déclare alors que toutes ces conneries lui donnent envie de shooter un ministre, et que pendant que l'undergound s'exprime, jour après jour l'Etat assassine...

Refrain x 2

Dans le refrain, Rockin Squat répète que la police est pour lui comme un gang et que l'Etat assassine, et cite trois des plus connues des victimes des abvures policières : Malik Essoukine et Makomé victimes de bavures policières plus ou moins volontaires puisque les policiers ayant entrainé leur mort l'ont fait dans un état de totale conscience et, de plus, dans une position de force qui écarte toute thèse de légitime défense, et encore moins "d'accidents", puisque la première victime a été tabassée à mort et la seconde abattue à bout portant. La troisième personne citée est le bien connu Rodney King : tabassé de 72 coups de matraque par deux policiers qui l'avaient plaqués au sol après un simple controle d'alcoolémie, il deviendra le symbole le plus fort de l'oppression racistes des noirs américains par la police et les lois ségrégationnistes des Etats-Unis modernes. Les deux policiers responsables seront acquittés et ce jugement honteux provoquera alors le soulèvement, durant près d'une semaine de toute la mégalopole de Los Angeles : autant dire une véritable guerre, compte tenu d fait que l'armée elle-même dut interbenir.

[interlude entre le refrain et le second couplet : on peut entendre plusieurs médecins autour d'une table d'opération essayant désésperamment d'arracher quelqu'un à la mort]

Couplet 2 Rockin Squat
Rockin Squat poursuit en énumérant les arguments de la police nationale et de l'Etat, à savoir que les policiers n'abusent pas tous de leurs pouvoirs, que sans eux la loi ne serait pas respectée, et que nous devons nous arréter de nous lamenter sur nos morts (comme si ces morts étaient "nécessaires"), mais il dit que le peuple est fatigué d'un tel discours et qu'il veut justice pour tous ces affronts. Il poursuit en disant que dorénavant il se montre distant et prudent avec la police et l'armée, qu'il considère comme de vrais gangs organisés.

Afin de mieux appuyer ses dires, il cite encore une fois un exemple, à savoir les émeutes dans le 18ème arrondissement de Paris qui, une fois encore, se sont
Transformées en véritables défouloires pour les CRS, tapant sur tout ce qui bouge pour imposer le calme et la paix via la terreur. Il poursuit en disant que ce n'est pas la première fois que surviennent des magouilles policières, judiciaires, politiques, et que ce genre de business pour couvrir l'image et la crédibilité de l'Etat rapporte beaucoup dans les couloirs des ministères. Il finit ce second couplet en disant que, pendant qu'Assassin est censuré quand il dénonce les problèmes de la société et les magouilles de l'Etat, ce dernier continue à assassiner.

"Un exemple, leurs comportement dans les émeutes du 18ème.
Ils frappent les jeunes, les vieux, les enfants afin que l'ordre règne. "

Refrain x2

Couplet 3 Rockin Squat

Il poursuit ce couplet en disant qu'il parle bel et bien des bavures policières, de ces moments dramatiques où on se prend des coups ou des balles dans la tête par la faute d'un dangereux excès de zèle de la part des représentants de la loi. Puis il s'interroge, il se demande si les policiers maintienent vraiment l'ordre public ou si ils ne sont pas plutôt là pour faire régner l'ordre politique, il se demande également si ces bavures sont des délires de flics dangereux, ou si l'on doit considérer que l'erreur est humaine et que toutes ces affaires ne sont que des erreurs. Il a alors la réflexion, qui hante le personnage principal du film "La Haine", de savoir s'il doit répondre à la haine des policiers pour la jeunesse, s'il est lui aussi autorisé à tuer :

"Alors, moi aussi, dites- moi, je dégaine ?
Le crime, est-ce un produit du système ?
La haine appelle la haine, si ton esprit se referme. "

Il réalise alors qu'il est face à un flic, le doigt sur la gachette, que tous ses sens sont en alerte et qu'il ne se controle plus. Ses pensées s'agitent, il ne sait plus quoi faire, et se demande s'il peut vraiment tuer un homme, s'il doit répondre de la même façon aux bavures policières. Puis il se dit que tuer quelqu'un est pueril et que celà ne changera pas le cours de l'histoire s'il tue un policier... mais il a tellement envie de venger ses frères qu'il veut tuer malgré tout, ce à quoi il se répond qu'il pourrait se retrouver en prison pour un tel acte. Finalement, il craque, il n'a plus peur des conséquence et, au moment de tirer... Rockin Squat se réveille de son cauchemar.

"Doit-on répondre de la même manière aux violences policières ?
Mais je ne changerai pas le cours de l'Histoire, si je shoote un commissaire.
S' il a buté mon frère, ça pourrait me satisfaire.
Mais le cul entre quatre murs, il ne me restera que la prière. "

Conclusion
Dans le mileu du HipHop, les incitations à la haine envers les policiers ou, plus fréquemment, les dénonciations de l'impunité et des violences policières, sont extremement nombreuses... Après la pauvreté et l'insécurité dans les banlieues ou dans les ghettos, on peut considérer que la violence policières est le troisième thème le plus abordé par les rappeurs et les rappeuses, en France comme aux Etats-Unis ou parfois en Algérie ou au Royaume-Uni, autres bastions du HipHop.
Pourtant, parmis les dizaines et les dizaines de chansons abordant ce problème, peu ont réussies à atteindre le niveau de "L'Etat Assassine" : argumentée par des faits réels, abordant toutes les facettes du problème, écrit sans insultes ni provocations directes, se plaçant du coté de la jeunesse des cités comme du coté des policiers eux-mêmes, le titre est de plus l'un des seuls à ne pas inciter clairement à la haine, puisque Rockin Squat y pèse équitablement le pour et le contre et, d'une certaine manière, semble considérée comme stupide la haine anti-policière... On est là à l'extrême opposée des provocations de Ministère A. M. E. R ou, dans une moindre mesure, du "Police" de NTM qui était bien plus axé sur la haine et la violence que sur une réflexion posée et réfléchie du problème...

 
Publié par 9131 6 4 3 le 30 juin 2006, 17:55.
 

Vos commentaires

Le ReSiDuuu Il y a 10 an(s) 7 mois à 18:42
9556 6 4 3 Le ReSiDuuu mouai :-/
pour etre franc g pas eu le courage de tout lire :'-)

mais comme je connais la chanson ca va ! alors pour ma part c la chanson que je prefere sur ce sujet c la plus argumenté la mieu tourné je trouve...

sinon une tres bonne explication ! mais tu t'ai acharné la 8-|
Suprême Assassin Il y a 10 an(s) 7 mois à 21:32
9131 6 4 3 Suprême Assassin Vi, vi ^^
ouais c clair c de loin la meilleure chanson sur le sujet, jamais quelqu'un n'avait fait aussi subtil, aussi intelligent, aussi pertinent... Tout simplement la meilleure chanson de l'Académie Mythique, c de l'anthologide :-\ :-)
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