Paroles officielles de la chanson «Maudite Clochette» : Juliette Noureddine

Compositeurs : Juliette Noureddine
Auteurs : Juliette Noureddine
Chanteurs : Juliette Noureddine
Éditeurs : Les Studios Mademoiselle
Albums :

Paroles officielles de la chanson "Maudite Clochette"

Du matin au soir il faut courir dans l´escalier et le monter
Et le descendre et le monter
Au ding ding oppressant de la clochette qui sonne et qui re-sonne
Et qui re-sonne et qui ordonne
Pas une minute de répit il faut croire que la patronne
Ne peut rien faire sans sa bonne

Un coup pour aller l’habiller, deux pour le petit-déjeuner
C’est parti pour toute la journée
Pour les affaires à repasser pour les chaussettes de Monsieur
Pour les chapeaux ou les cheveux
Pour finir un sourire pincé en guise de vague merci
Madame pense que ça suffit

Maudite clochette !
Et maudit métier
Je fais la soubrette
Dans les beaux quartiers
Quand j’entends sonner
Je suis toujours prête
Modeste et discrète
Serviable et zélée
En un mot parfaite
Maudite clochette !

On peut dire que Madame sait faire marcher une maison
Au doigt à l´œil à la baguette,
Ici, maintenant pour un oui, pour un non, à tort ou à raison
Elle fait sonner sa sonnette
Alors surtout il faut se presser ne pas traîner ni rêvasser
Ne pas penser, ne pas penser

Ding ding viens ici va là-bas
Ding ding fais ceci fais cela
Ding ding préparez-nous le repas
Ding ding servez le thé au salon
Ding ding il nous faut du charbon
Ding ding faites les cuivres à fond
Ding ding de la cave au grenier, du haut en bas de l’escalier
Des chambres au cuisine
Ding ding ding !

Maudite clochette !
Et maudit métier
Je fais la soubrette
Dans les beaux quartiers
Quand j’entends sonner
Je suis toujours prête
Mon corps et ma tête
Jamais fatigués
Et rien ne m’arrête
Maudite clochette !

Madame s´arrange bien souvent pour sucrer mon jour de congé
Oublie de me le redonner
Quand je fais une course au marché elle recompte la monnaie
Avant, après, on n´sait jamais !
Et s´il manque une petite cuillère, on ne dit rien et l´on s´étonne
Mais c´est la bonne qu´on soupçonne

Comme elle a la fâcheuse manie de contrôler mes faits et gestes
Qu’elle veut savoir tout et le reste
Cette garce surveille mes lectures épluche mon maigre courrier
Fouille ma chambre et mon passé
Mais je ne dis rien je serre les dents, l’âme humiliée, je n’suis personne
Qu’une domestique que l’on sonne

Maudite clochette !
Et maudit métier
Je fais la soubrette
Dans les beaux quartiers
Quand j’entends sonner
Je suis toujours prête
Pauvre marionnette
Tellement dévouée
Patiente et honnête
Maudite clochette !

Mais je sais bien qu’une nuit viendra, nuit de colère, nuit de cendres
Ding ding, il me faudra descendre
Madame a tell’ment peur de l´orage et comme Monsieur est parti
Faut que je lui tienne compagnie
Que je redresse ses oreillers que je lui porte un verre de lait
Et plus vite que ça s´il vous plaît!

Tu ne devrais pas parler comme ça, pauvre Madame seule dans ton lit
Si vulnérable à ma folie
Tu viens de sonner une fois de trop, il faut que cesse cette torture
À coups de ciseaux de couture
Et je vois dans ton regard perdu
Qu’il n’y a que ça que tu comprennes
Ton sang qui coule sur ma haine

Maudite clochette !
Et maudit métier
Sais-tu que je souhaite
Quand j’entends sonner
Te couper la tête
Et la faire rouler
Du haut de l’escalier
Les mâchoires serrées
Sur ta chère clochette
À jamais muette

 
 


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