Paroles officielles de la chanson «Ophelie» : Daniel Lavoie

Compositeurs : Laurent Guardo
Chanteurs : Daniel Lavoie
Auteurs : Arthur Rimbaud
Éditeurs : Guardo Laurent, Abacaba
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Paroles officielles de la chanson "Ophelie"

I

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles

La blanche Ophélia flotte comme un grand lys

Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles
On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie

Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir

Voici plus de mille ans que sa douce folie

Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle

Ses grands voiles bercés mollement par les eaux

Les saules frissonnants pleurent sur son épaule

Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle

Elle éveille parfois, dans un aune qui dort
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile

Un chant mystérieux tombe des astres d'or.

II

O pâle Ophélia! belle comme la neige!

Oui, tu mourus, enfant, par un fleuve emporté

C'est que les vents tombant des grands monts de Norvège

T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté.

C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure

A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits

Que ton coeur écoutait le chant de la Nature

Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits.

C'est que la voix des mers folles, immense râle

Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux

C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle

Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux!

Ciel! Amour! Liberté! Quel rêve, ô pauvre Folle!

Tu te fondais à lui comme une neige au feu

Tes grandes visions étranglaient ta parole

- Et l'Infini terrible effara ton oeil bleu.

III

Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles

Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis

Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles

La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.

 
 


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