Paroles officielles de la chanson «Pauvre Petit Bleu» : Dalbret

Compositeurs : Henri Christine
Chanteurs : Dalbret
Auteurs : Georges Sibre
Éditeurs : Editions Fortin
Albums :

Paroles officielles de la chanson "Pauvre Petit Bleu"

Au régiment depuis deux mois à peine,
Un bleu rêvait tristement sur son lit
Car il avait, sur les bords de la seine,
Laissé sa mèr’, seul’, dans le grand Paris.
La pauvre vieille, infirm’, le teint bleuâtre
Dans le froid noir vendait jusqu’à minuit
« La bell’ Valence’ aux portes d’un théâtre
Pour se nourrir et payer son logis.
Mais son Jacquot une fois par semaine
Lui écrivait afin d’calmer sa peine.
Ma chèr’ maman,
C’est ton enfant
Qui te suppli’ d’être bien courageuse ;
Après mon temps,
J’te f’rai sûr’ment
Oublier çà, tu seras bien heureuse
Un an , ça pass’ vite après tout,
Va ! plus tard, j’te gagn’rai des sous,
Et tu s’ras tranquill’ pour la vie
Maman chérie.

Ah ! si sa mère avait vu, la brav’ femme,
Cormn' ses copains adoraient son Jacquot,
Il était doux, bon, bien noté, et dame !
Suivait l'p’loton des élèv’s caporaux.
Mais v’là q'un jour, j'crois qu'c’était un dimanche
Sur la grand' plac’, soudain, il rencontra
Une jeuness’ qu'avait la peau si blanche
Que, pris d'amour, enfin, son cœur parla.
Il était jeune, ell’ lui tourna la tète
Et l’pauvr' naïf écrivit l’coeur en fête :
Ma chère maman
C’est.ton enfant
Qui te suppli' d'être bien courageuse,
A mon retour
Nous s’rons deux pour ,
Te dorloter et pour te rendre heureuse.
J’viens d'fair' la connaissance ici
D’un' femm’ que j’aim’, qui m'aime aussi,
Qu' j’épous’rai mon anné' finie
Maman chérie.

Mais v’là qu'un soir un copain d'la chambrée,
Lui dit : t'as tort d’sortir avec Rosa
Rosa fit-il mais c'est ma fiancée
T’es bêt' dit l’autr’, c’est un' fille à soldats.
Pâle et tremblant le cœur plein d'épouvante,
L'pauvr' gas en eut la preuv' dès le lend’main,
Et le soir même, écoeuré l'âm' démente,
D'un’ balle au cœur, à ses jours, il mit fin.
Mais il avait écrit a sa vieill' mère
Avant d’mourir, cett' lettre, la dernière :
Ma chèr' maman,
C'est ton enfant
Qui te suppli' d’être bien courageuse
J'avais trop fait
De beaux projets
Vois-tu, la vie est bête et douloureuse ;
J't'en suppli' ne refuse pas
Les derniers baisers d'ton pauvr' gas,
C'est ton p'tit Jacquot qui t'en prie
Maman chérie.

 
 


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