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Paroles de la chanson «Itinéraire Bis» par Debout Sur Le Zinc

Eldorado(s)
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Chanteurs : Debout Sur Le Zinc
Albums : Eldorado(s)

Paroles de la chanson «Itinéraire Bis»

Itinéraire Bis

Une chanson assez particulière, avec un rythme dynamique et un ton un peu slammé, et des refrains instrumentaux ; chanté par Romain.
La chanson semble parler de deux personnes qui, après avoir été happées par la vie, le destin, la lumière et l'amour, se retrouvent, après une brisure, et repartent dans la nuit noire, vers l'inconnu et la liberté.
(les paroles sont tirées du livret de paroles)
__________

Ça y est, tout recommence, j'ai mis la clef
Me voilà de nouveau au volant à tes côtés
Tout est permis, tout et même rouler
Sans essuie-glace sous la pluie qui bat
Tous phares éteints dans la nuit noire
Avec pour seule lueur ton regard
De braise posé dans le mien
Disposé à se laisser faire et faire couler
Un peu de sang sur le bitume
De nos vertes années

___________
Ce premier couplet raconte la fuite, le départ dont il est question. La décision de partir, cette fois sans retenue, dans une totale liberté, vers l'inconnu et dans le noir. « Tout est permis, tout et même rouler tous phares éteints dans la nuit noire ».
Les 3 derniers vers font référence à ce qui sera dit par la suite, et j'y reviendrai à la fin, mais ça montre une détermination à endurer et résister aux souffrance et aux épreuves d'une réalité qui pourraient les faire saigner.
__________
Je me souviens du soir où l'on s'est connu
Du réverbère que tu pris pour la lune
Et du lit de verdure sous la voûte fleurie
Des marguerites hautes
Comme les colonnes d'une cathédrale
Nous étions minuscule
Et gigantesques à la fois
Extralucides autant que possible
Autant que l'on puisse l'être
Lorsque la matière n'est plus
Qu'une brume légère aspirée vers l'inconnu

__________
Ce couplet est remémoratif ; un flash-back sur l'époque où les deux personnages se sont connus, et de l'ouverture qu'ils avaient sur le monde. Les « marguerites hautes comme les colonnes d'une cathédrale » je pense que ça fait référence au fait qu'ils étaient tout petits. Bref, l'enfance, quoi ; où ils se laissent aller, aspirer vers l'inconnu de l'avenir, de la vie.
__________
Il s'en serait fallu de peu
Pour que l'on s'y égare
Mais d'instinct nous avions
Effacé nos mémoire
Supprimé les pâles copies de nous-même
Qui s'agitaient de-ci de-là
Toujours autour du même problème : exister
Désir définitivement sans substance
Face à l'instant où nous étions ivres de voir
Sorti de nulle part un nouveau lendemain
Quand nous sommes partis
Sur la route un beau matin

__________
L'ego. Ce qui les a empêché de s'égarer dans cet inconnu qui les aspirait, c'est d'avoir évincé ces « pâles copies » d'eux-même, tournées sur leur ego en cherchant à exister. Un désir creux et vide de sens face à la vie et l'instant. Ainsi, libérés de cette obsession, ils pouvaient être libres. Puis, sorti de nulle part : un nouveau lendemain, et c'est ainsi que la première fois ils ont pris la route. La Grande Route. Le Grand Chemin ? (les paroles n'ont aucune ponctuation dans le texte original, ce qui rend la compréhension difficile ; mentalement je la comble, mais c'est mon interprétation).
___________
Partis sur la route
Partis pour un tour à bord de l'Ambassador
Sur les pavés délavés de la veille
Vers l'avenir rivés, happés par le destin
Vers le festin d'une vie rêvée
Une vie sourde à la douleur
Aveuglément tournés vers la lumière
De nos cœurs si certains
Certains de ne faire qu'un
Certains de ne jamais faire semblant
Si seulement...

__________
Ce couplet explique vers où les a mené cette route (je n'ai pas compris à quoi faisait référence l'Ambassador), « les pavés délavés de la veille » ; des pavés qui ont déjà été usés, sur lesquels nos pas sont déjà passés. L'esprit rivé vers l'avenir, aspirés par le destin, vers le but, l'objectif, le bonheur promis ; des œillères qui empêchent de voir. Un ego, qui est venu malgré tout, et qui aveugle nos yeux tournés en nous-mêmes ; l'amour qui nous aveugle et nous empêche de voir le monde autour de nous, « certains de ne faire qu'un », et certains de ne jamais faire semblant ; si seulement ils avaient su que justement, c'était là qu'ils se fourvoyaient le plus...
___________
L'amour, disait Hardellet,
C'est un pays à l'infini ouvert
Par deux miroirs qui se font face
C'était juste, juste avant que l'un des deux
Que l'un des deux ne se casse
Car c'est à cet instant précis que l'imprévu
Nous fit face dans sa plus pure brutalité
Que l'amnésie trancha dans le vif
Nous jeta sur les récifs
Pour le pire et à jamais...

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« L'amour c'est ce pays à l'infini ouvert par deux miroirs qui se font face. » est une citation de André Hardellet, un écrivain français.
Elle explique bien quel était leur état d'esprit ; tournés l'un vers l'autre, chacun ne voyant que l'autre ; un monde infini mais totalement limité et fermé.
Et puis l'un des deux (miroirs ; un d'eux, quoi) s'est cassé. Il n'y a pas plus d'explication, mais cette rupture de la résonance a fait rejaillir à leurs yeux le monde extérieur, le forcément imprévu, qui les a frappé brutalement ; l'amnésie qu'ils avaient construit au fil des ans, cette ignorance volontaire, qui trancha dans le vif de leurs vies et les jeta « sur les récifs » de la réalité, de la lucidité, du monde.
__________
... Mais ça y est, tout recommence
J'ai mis la clef
Me voilà de nouveau à tes côtés
Tout est permis, tout et même rouler
Sans essuie-glace sous la pluie qui bat
Tous phares éteints dans la nuit noire

__________
Et ainsi on revient à ce qui nous était raconté au début ; comment ils ont repris la route, cette fois dans la nuit noire, tout phare éteint, vers l'inconnu et l'imprévisible.
Les trois derniers vers du premier couplet explique donc qu'ils sont prêts, cette fois-ci, à affronter l'inconnu, souffrir de cet imprévisible, quitte « à se laisser faire et faire couler un peu de sang sur le bitume » de leurs vertes années ; affronter la désillusion, ne plus chercher à préserver leur monde aveuglé et centré sur eux-mêmes.

Une chanson que je ne sais pas trop comment prendre, du coup. Une sorte d'Amor Fati, en quelque sorte ; l'acceptation de ce qui peut arriver, l'ouverture à l'inconnu et aux aléas ? Un couple qui roule vers le danger possible, et qui affronte la peur du monde et de l'avenir.

 
Publié par 12656 7 4 4 le 1 octobre 2015, 11:54.
 

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Vos commentaires

Astroboy Il y a 1 an(s) à 03:52
105 2 Astroboy Un texte incroyablement riche, comme d'habitude chez DSLZ. Je n'ai pas toujours les références nécessaires pour comprendre ces merveilleuses œuvres que j'écoute à longueur de journée, donc merci beaucoup pour votre éclairage !
tommyvercetti Il y a 1 an(s) à 17:10
12656 7 4 4 tommyvercetti Tout à fait d'accord. Après, c'est mon interprétation hein :p J'avoue que celle-ci est particulièrement ardue, mais de rien :)
Astroboy Il y a 1 an(s) à 04:05
105 2 Astroboy C'était surtout pour t'encourager à en analyser d'autres ahah ! Dommage que leur forum ait disparu, c'était bien utile pour partager nos interprétations :)
tommyvercetti Il y a 1 an(s) à 13:04
12656 7 4 4 tommyvercetti lol c'était prévu, et y en a pas mal que j'ai faites déjà de Debout, mais pour cet album bah, j'ai toujours le livre de paroles à côté de mon pc hein, mais bon voilà quoi... :p
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