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Paroles de la chanson «Morts Les Enfants» (avec traduction) par Renaud

Mistral Gagnant (1985)
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Paroles et traduction de «Morts Les Enfants»

Chiffon imbibé d'essence
Un enfant meurt en silence
Sur le trottoir de Bogota
On ne s'arrête pas

Déchiquetés au champs de mines
Décimés aux premières lignes
Morts les enfants de la guerre
Pour les idées de leurs pères

Bal à l'ambassade
Quelques vieux malades
Imbéciles et grabataires
Se partagent l'univers

Morts les enfants de Bophal
D'industrie occidentale
Partis dans les eaux du Gange
Les avocats s'arrangent

Mort les enfants de la haine
Près de nous ou plus lointaine
Mort les enfants de la peur
Chevrotine dans le cœur

Bal à l'ambassade
Quelques vieux malades
Imbéciles et militaires
Se partagent l'univers

Morts les enfants du Sahel
On accuse le soleil
Morts les enfants de Seveso
Morts les arbres, les oiseaux

Morts les enfants de la route
Dernier week-end du mois d'août
Papa picolait sans doute
Deux ou trois verres, quelques gouttes

Bal à l'ambassade
Quelques vieux malades
Imbéciles et tortionnaires
Se partagent l'univers

Mort l'enfant qui vivait en moi
Qui voyait en ce monde-là
Un jardin, une rivière
Et des hommes plutôt frères

Le jardin est une jungle
Les hommes sont devenus dingues
La rivière charrie des larmes
Un jour l'enfant prend une arme

Balles sur l'ambassade
Attentat, grenade
Hécatombe au ministère
Sous les gravats, les grabataires

________
"Morts les enfants" est une chanson qui date de 1985.

Sur une ballade qui ressemble un peu à une valse, accompagné d'un accordéon, Renaud nous conte un portrait noir et réaliste de la condition des enfants à travers le monde.

Dans le 1er couplet, le chanteur nous parle des enfants de Bogota, capitale de la Colombie, au taux de criminalité extrême avec des enfants orphelins qui vivent dans la rue et sniffent de la colle et toutes sortes de drogues (ou plutôt produits dérivés de la drogue) pour tenir le coup dans leur vie misérable. Il s'attaque ensuite aux enfants soldats, qui, de tout temps, ont fait les frais dans les conflits, car généralement envoyés en première ligne.

Dans le 2ème couplet, Renaud nous envoie en Inde, à Bhopal, plus exactement, où un accident industriel arrivé dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984 dans une entreprise américaine implantée là-bas, a fait des milliers de victimes (la plus importante catastrophe industrielle de tous les temps). Renaud ironise sur le système américain et capitaliste qui aura "étouffé" l'affaire à grands renforts d'avocats.

Dans le 3ème couplet, nous voici en Afrique, dans le désert du Sahel où les enfants meurent de soif et de faim. Puis on arrive en Italie, à Seveso, où une usine a contaminé la région avec de la dioxine, le 10 juillet 1976. D'ailleurs, depuis lors, les usines françaises dites "dangereuses et à risque" sont maintenant classées "Seveso" en référence à cette catastrophe. On revient ensuite en France quand Renaud nous raconte le quotidien ordinaire des enfants morts dans les accidents de la route causés par les chauffards et les gens qui conduisent avec de l'alcool dans le sang.

Les refrains de cette chanson font référence à ceux qui détiennent le pouvoir, à l'ambassade et il souligne l'âge avancé de ces hommes qui nous gouvernent.

Dans le dernier couplet, le chanteur nous fait partager son dégoût des hommes et surtout ses désillusions sur ce qu'il pensait quand il était enfant et ce qu'est le monde en réalité.

Il termine en évoquant ces enfants, qui, un jour, se rebellent et causent des attentats pour se venger.

Même si cette chanson a été écrite il y a plus de 20 ans, elle reste malheureusement d'actualité !

 
Publié par 12186 6 4 4 le 12 novembre 2006, 17:16.
 

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