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Paroles de la chanson «The Raven» (avec traduction) par Omnia

Alive ! (2007)
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Chanteurs : Omnia
Albums : Alive !

Paroles et traduction de «The Raven»

N'y voyez aucune paresse de ma part mais Charles Baudelaire ayant déjà fait une traduction renversante en 1856 de ce poème que je trouve purement génial j'ai préféré mettre sa traduction que la mienne qui n'aurait même pas été l'ombre de la sienne. Le texte traduit est donc celui de Baudelaire (moins les couplets qui n'ont pas était repris par Omnia)
La traduction de Baudelaire est poétique et donc pas tout fait littérale.

__________
The Raven
Le corbeau

Once upon a midnight dreary, while I pondered, weak and weary,
Over many a quaint and curious volume of forgotten lore,
While I nodded, nearly napping, suddenly there came a tapping,
As of someone gently rapping, tapping at my chamber door.
"'Tis some visitor, " I muttered, "tapping at my chamber door-
Only this, and nothing more. "

Une fois, sur le minuit lugubre, pendant que je méditais, faible et fatigué,
Sur maint précieux et curieux volume d'une doctrine oubliée,
Pendant que je donnais de la tête, presque assoupi, soudain il se fit un tapotement,
Comme de quelqu'un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre.
"C'est quelque visiteur" – murmurai-je, –"qui frappe à la porte de ma chambre ;
Ce n'est que cela et rien de plus. "

Ah, distinctly I remember it was in a bleak December,
And each separate dying ember wrought its ghost upon the floor.
Eagerly I wished the morrow;- vainly I had sought to borrow
From my books surcease of sorrow- sorrow for the lost Lenore-
For the rare and radiant maiden whom the angels name Lenore-
Nameless here for evermore.

Ah ! distinctement je me souviens que c'était dans le glacial décembre,
Et chaque tison brodait à son tour le plancher du reflet de son agonie.
Ardemment je désirais le matin ; en vain m'étais-je efforcé de tirer
De mes livres un sursis à ma tristesse, ma tristesse pour ma Lénore perdue,
Pour la précieuse et rayonnante fille que les anges nomment Lénore,
Et qu'ici on ne nommera jamais plus.

And the silken sad uncertain rustling of each purple curtain
Thrilled me- filled me with fantastic terrors never felt before;
Presently to still the beating of my heart, I stood repeating,
"'Tis some visitor entreating entrance at my chamber door-
Some late visitor entreating entrance at my chamber door;-
Merely this, and nothing more. "

Et le soyeux, triste et vague bruissement des rideaux pourprés
Me pénétrait, me remplissait de terreurs fantastiques, inconnues pour moi jusqu'à ce jour ;
Si bien qu'enfin pour apaiser le battement de mon cœur, je me dressai, répétant :
"C'est quelque visiteur attardé sollicitant l'entrée à la porte de ma chambre ;
C'est cela même, et rien de plus."

Out into the darkness peering, long I stood there wondering, fearing,
Doubting, dreaming dreams no mortal ever dared to dream before;
But the silence was unbroken, and the stillness gave no token,
And the only word there spoken was the whispered word, "Lenore ! "
This I whispered, and an echo murmured back the word, "Lenore ! "-
Merely this, and nothing more.

Scrutant profondément ces ténèbres, je me tins longtemps plein d'étonnement, de crainte,
De doute, rêvant des rêves qu'aucun mortel n'a jamais osé rêver ;
Mais le silence ne fut pas troublé, et l'immobilité ne donna aucun signe,
Et le seul mot proféré fut un nom chuchoté : " Lénore ! "
C'était moi qui le chuchotais, et un écho à son tour murmura ce mot : " Lénore ! "
Purement cela, et rien de plus.

Back into the chamber turning, all my soul within me burning,
Soon again I heard a tapping somewhat louder than before.
"Surely, " said I, "surely that is someone at my window lattice :
Let me see, then, what thereat is, and this mystery explore-
Let my heart be still a moment and this mystery explore,
'Tis the wind and nothing more. "

Rentrant dans ma chambre, et sentant en moi toute mon âme incendiée,
J'entendis bientôt un coup un peu plus fort que le premier.
"Sûrement", – dis-je, – "sûrement, il y a quelque chose aux jalousies de ma fenêtre ;
Voyons donc ce que c'est, et explorons ce mystère.
Laissons mon cœur se calmer un instant, et explorons ce mystère ;
C'est le vent, et rien de plus."

Open wide I flung the shutter, when, with many a flirt and flutter,
In there stepped a stately Raven of the saintly days of yore;
Not the least obeisance made he; not a minute stopped or stayed he;
But, with mien of lord or lady, perched above my chamber door-
Perched upon a bust of Pallas just above my chamber door-
Perched, and sat, and nothing more.

Je poussai alors le volet, et, avec un tumultueux battement d'ailes,
Entra un majestueux corbeau digne des anciens jours.
Il ne fit pas la moindre révérence, il ne s'arrêta pas, il n'hésita pas une minute ;
Mais avec la mine d'un lord ou d'une lady, il se percha au-dessus de la porte de ma chambre ;
Il se percha sur un buste de Pallas juste au-dessus de la porte de ma chambre ;
Il se percha, s'installa, et rien de plus.

Soon that ebony bird beguiling my sad fancy into smiling,
By the grave and stern decorum of the countenance it wore.
"Though thy crest be shorn and shaven, thou, " I said, "art sure no craven,
Ghastly grim and ancient raven wandering on the Nightly shore-
Tell me what thy lordly name is on this Night's Plutonian shore ! "
Quoth the Raven, "Nevermore. "

Alors, cet oiseau d'ébène, par la gravité de son maintien et la sévérité de sa physionomie, induisant ma triste imagination à sourire :
"Bien que ta tête" – lui dis-je, – "soit sans huppe et sans cimier, tu n'es certes pas un poltron,
Lugubre et ancien corbeau, voyageur parti des rivages de la nuit.
Dis-moi quel est ton nom seigneurial aux rivages de la nuit plutonienne !"
(1)
Le corbeau dit : "Jamais plus !"

Now the Raven, sitting lonely on the placid bust, spoke only
That one word, as if his soul in that one word he did outpour.
Nothing further then he uttered- not a feather then he fluttered-
Till I scarcely more than muttered, "other friends have gone before-
On the morrow he will leave me, as my hopes have flown before. "
Quoth the Raven, "Nevermore. "

Mais le corbeau, perché solitairement sur le buste placide, ne proféra que ce mot unique,
Comme si dans ce mot unique il répandait toute son âme.
Il ne prononça rien de plus ; il ne remua pas une plume,
Jusqu'à ce que je me prisse à murmurer faiblement : "D'autres amis se sont déjà envolés loin de moi ;
Vers le matin, lui aussi, il me quittera comme mes anciennes espérances déjà envolées."
L'oiseau dit alors : "Jamais plus !"

Then methought the air grew denser, perfumed by an unseen censer
Swung by Seraphim whose footfalls tinkled on the tufted floor.
Once more on the velvet sinking, I betook myself to linking
Fancy unto fancy, thinking what this ominous bird of yore-
What this grim, ungainly, ghastly, gaunt and ominous bird of yore
Meant in croaking "Nevermore. "

Alors, il me sembla que l'air s'épaississait, parfumé par un encensoir invisible
Que balançaient les séraphins dont les pas frôlaient le tapis de ma chambre.
(2)
" Infortuné ! – m'écriai-je, – ton Dieu t'a donné par ses anges, il t'a envoyé du répit,
Du répit et du népenthès dans tes ressouvenirs de Lénore ! Bois, oh ! bois ce bon népenthès,
(3)
[/]Et oublie cette Lénore perdue ! " Le corbeau dit : "Jamais plus !"

"Prophet ! " said I, "thing of evil ! - prophet still, if bird or devil ! -
Whether Tempter sent, or whether tempest tossed thee here ashore,
Desolate yet all undaunted, on this desert isle enchanted-
On this home by horror haunted- tell me truly, I implore-
Is there- is there balm in Gilead ? - tell me- tell me, I implore ! "
Quoth the Raven, "Nevermore. "

"Prophète !" – dis-je, – "être de malheur ! oiseau ou démon ! mais toujours prophète !
Que tu sois un envoyé du Tentateur, ou que la tempête t'ait simplement échoué,
Naufragé, mais encore intrépide, sur cette terre déserte,
Ensorcelée, dans ce logis par l'Horreur hanté, – dis-moi sincèrement, je t'en supplie,
Existe-t-il, existe-t-il ici un baume de Judée ? Dis, dis, je t'en supplie !"
Le corbeau dit : "Jamais plus !"

"Prophet ! " said I, "thing of evil- prophet still, if bird or devil !
By that Heaven stretched above us- by that God we both adore-
Tell this soul with sorrow laden if, within the distant Aidenn,
It shall clasp a sainted maiden whom the angels name Lenore-
Clasp a rare and radiant maiden whom the angels name Lenore. "
Quoth the Raven, "Nevermore. "

"Prophète !" – dis-je, – "être de malheur ! oiseau ou démon ! toujours prophète !
Par ce ciel tendu sur nos têtes, par ce Dieu que tous deux nous adorons,
Dis à cette âme chargée de douleur si, dans le Paradis lointain,
Elle pourra embrasser une fille sainte que les anges nomment Lénore,
Embrasser une précieuse et rayonnante fille que les anges nomment Lénore"
Le corbeau dit : "Jamais plus !"

"Be that word our sign in parting, bird or fiend, " I shrieked, upstarting-
"Get thee back into the tempest and the Night's Plutonian shore !
Leave no black plume as a token of that lie thy soul hath spoken !
Leave my loneliness unbroken ! - quit the bust above my door !
Take thy beak from out my heart, and take thy form from off my door ! "
Quoth the Raven, "Nevermore. "

"Que cette parole soit le signal de notre séparation, oiseau ou démon !" – hurlai-je en me redressant.
"Rentre dans la tempête, retourne au rivage de la nuit plutonienne ;
Ne laisse pas ici une seule plume noire comme souvenir du mensonge que ton âme a proféré ;
Laisse ma solitude inviolée ; quitte ce buste au-dessus de ma porte ;
Arrache ton bec de mon cœur et précipite ton spectre loin de ma porte !"
Le corbeau dit : "Jamais plus !"

Now the Raven, never flitting, still is sitting, still is sitting
On the pallid bust of Pallas just above my chamber door;
And his eyes have all the seeming of a demon's that is dreaming,
And the lamplight o'er him streaming throws his shadow on the floor;
And my soul from out that shadow that lies floating on the floor
Will be lifted- nevermore !

Et le corbeau, immuable, est toujours installé
Sur le buste pâle de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre ;
Et ses yeux ont toute la semblance des yeux d'un démon qui rêve ;
Et la lumière de la lampe, en ruisselant sur lui, projette son ombre sur le plancher ;
Et mon âme, hors du cercle de cette ombre qui gît flottante sur le plancher, ne pourra plus s'élever,
Jamais plus !

______________________________________
Les notes sont de moi et non pas de baudelaire
(1) Rivages de la nuit plutonienne : Pluton est le nom du dieu romain plus ou moins équivalent d'Hades dieux des enfers de la Rome antique (enfer ayant bien sûr le sens de séjour de tous les morts et non pas de lieu de punition des péchés)

(2) Séraphin : dans la hiérarchie des anges les séraphins sont les plus puissants et les plus près du trône de dieu, ils ont six ailes et leur but premier est la purification et la dissipation des ténèbres et des doutes. Leur qualité principale est l'amour. On leurs prête le pouvoir de répandre le feu (le feu purificateur) et leurs six ailes servent à se masquer les yeux devant dieu (car pas même les anges ne peuvent supporter la lumière divine)

(3) Nepenthes : c'est un terme désignant des plantes carnivores qui signifie "non-tristesse" en grec, mais qui désigne également des remèdes à la mélancolie et la tristesse (Pâris en enlevant Hélène lui en aurait donné afin de lui faire oublier son pays natale). A l'époque de Poe ce qu'on a vendu comme en étant était des pilules de népenthès contenaient de la jusquiame, de la myrrhe et de l'opium, mais je pense qu'il fait plutôt référence au népenthès antique.
__________
Cette superbe chanson d'Omnia est en fait la mise en musique d'un célèbre poème d'Edgar Allan Poe de 1845 (le groupe a également mis en musique Fairy tale de Lewis Carrol (Alice au pays des merveilles), et Witchsbrew de Shakespeare (dans Mac Beth))

Ce texte (absolument génial je le dis et redis) observe une métrique très stricte et par là atteint une très grande musicalité (la beauté née de la contrainte c'est bien connu)

NB : hélas le groupe a omis plusieurs strophes dans sa chanson je vous donne donc le lien vers le poème complet et un autre vers sa traduction complète aussi
The Raven (Poe)
Le corbeau par Baudelaire

Si vous voulez me contacter pour me demander des précisions, me signaler des fautes d'orthographes (et il doit y en avoir des tas, une erreur de traductions, une meilleure traduction de certains passages ou tout simplement me demander de traduire une chanson n'hésitez pas a m'envoyer un message via ce site.

 
Publié par 11321 7 4 4 le 7 août 2008, 15:32.
 

Vos commentaires

Vivyane de Thelle Il y a 8 mois à 00:20
153 3 Vivyane de Thelle Mille fois merci :) Lenore
Chachachene Il y a 4 mois à 10:49
52 1 Chachachene De toute beauté. Merci!
(Quelques toutes petites fautes d'orthographe -conjugaison- dans les explications mais rien d'affolant ) un grand bonheur de découvrir les paroles dans leur intégralité, que je n'avais pas toutes comprises à l'écoute, pourtant très assidue, de cette magnifique chanson. :)
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