Facebook

 

Paroles de la chanson «Itinéraire Bis» par Debout Sur Le Zinc

Itinéraire Bis

Une chanson assez particuliÚre, avec un rythme dynamique et un ton un peu slammé, et des refrains instrumentaux ; chanté par Romain.
La chanson semble parler de deux personnes qui, aprÚs avoir été happées par la vie, le destin, la lumiÚre et l'amour, se retrouvent, aprÚs une brisure, et repartent dans la nuit noire, vers l'inconnu et la liberté.
(les paroles sont tirées du livret de paroles)
__________

Ça y est, tout recommence, j'ai mis la clef
Me voilà de nouveau au volant à tes cÎtés
Tout est permis, tout et mĂȘme rouler
Sans essuie-glace sous la pluie qui bat
Tous phares Ă©teints dans la nuit noire
Avec pour seule lueur ton regard
De braise posé dans le mien
Disposé à se laisser faire et faire couler
Un peu de sang sur le bitume
De nos vertes années

___________
Ce premier couplet raconte la fuite, le dĂ©part dont il est question. La dĂ©cision de partir, cette fois sans retenue, dans une totale libertĂ©, vers l'inconnu et dans le noir. « Tout est permis, tout et mĂȘme rouler tous phares Ă©teints dans la nuit noire ».
Les 3 derniers vers font référence à ce qui sera dit par la suite, et j'y reviendrai à la fin, mais ça montre une détermination à endurer et résister aux souffrance et aux épreuves d'une réalité qui pourraient les faire saigner.
__________
Je me souviens du soir oĂč l'on s'est connu
Du réverbÚre que tu pris pour la lune
Et du lit de verdure sous la voûte fleurie
Des marguerites hautes
Comme les colonnes d'une cathédrale
Nous Ă©tions minuscule
Et gigantesques Ă  la fois
Extralucides autant que possible
Autant que l'on puisse l'ĂȘtre
Lorsque la matiĂšre n'est plus
Qu'une brume légÚre aspirée vers l'inconnu

__________
Ce couplet est remĂ©moratif ; un flash-back sur l'Ă©poque oĂč les deux personnages se sont connus, et de l'ouverture qu'ils avaient sur le monde. Les « marguerites hautes comme les colonnes d'une cathĂ©drale » je pense que ça fait rĂ©fĂ©rence au fait qu'ils Ă©taient tout petits. Bref, l'enfance, quoi ; oĂč ils se laissent aller, aspirer vers l'inconnu de l'avenir, de la vie.
__________
Il s'en serait fallu de peu
Pour que l'on s'y Ă©gare
Mais d'instinct nous avions
Effacé nos mémoire
SupprimĂ© les pĂąles copies de nous-mĂȘme
Qui s'agitaient de-ci de-lĂ 
Toujours autour du mĂȘme problĂšme : exister
Désir définitivement sans substance
Face Ă  l'instant oĂč nous Ă©tions ivres de voir
Sorti de nulle part un nouveau lendemain
Quand nous sommes partis
Sur la route un beau matin

__________
L'ego. Ce qui les a empĂȘchĂ© de s'Ă©garer dans cet inconnu qui les aspirait, c'est d'avoir Ă©vincĂ© ces « pĂąles copies » d'eux-mĂȘme, tournĂ©es sur leur ego en cherchant Ă  exister. Un dĂ©sir creux et vide de sens face Ă  la vie et l'instant. Ainsi, libĂ©rĂ©s de cette obsession, ils pouvaient ĂȘtre libres. Puis, sorti de nulle part : un nouveau lendemain, et c'est ainsi que la premiĂšre fois ils ont pris la route. La Grande Route. Le Grand Chemin ? (les paroles n'ont aucune ponctuation dans le texte original, ce qui rend la comprĂ©hension difficile ; mentalement je la comble, mais c'est mon interprĂ©tation).
___________
Partis sur la route
Partis pour un tour Ă  bord de l'Ambassador
Sur les pavés délavés de la veille
Vers l'avenir rivés, happés par le destin
Vers le festin d'une vie rĂȘvĂ©e
Une vie sourde Ă  la douleur
Aveuglément tournés vers la lumiÚre
De nos cƓurs si certains
Certains de ne faire qu'un
Certains de ne jamais faire semblant
Si seulement...

__________
Ce couplet explique vers oĂč les a menĂ© cette route (je n'ai pas compris Ă  quoi faisait rĂ©fĂ©rence l'Ambassador), « les pavĂ©s dĂ©lavĂ©s de la veille » ; des pavĂ©s qui ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© usĂ©s, sur lesquels nos pas sont dĂ©jĂ  passĂ©s. L'esprit rivĂ© vers l'avenir, aspirĂ©s par le destin, vers le but, l'objectif, le bonheur promis ; des ƓillĂšres qui empĂȘchent de voir. Un ego, qui est venu malgrĂ© tout, et qui aveugle nos yeux tournĂ©s en nous-mĂȘmes ; l'amour qui nous aveugle et nous empĂȘche de voir le monde autour de nous, « certains de ne faire qu'un », et certains de ne jamais faire semblant ; si seulement ils avaient su que justement, c'Ă©tait lĂ  qu'ils se fourvoyaient le plus...
___________
L'amour, disait Hardellet,
C'est un pays Ă  l'infini ouvert
Par deux miroirs qui se font face
C'Ă©tait juste, juste avant que l'un des deux
Que l'un des deux ne se casse
Car c'est à cet instant précis que l'imprévu
Nous fit face dans sa plus pure brutalité
Que l'amnésie trancha dans le vif
Nous jeta sur les récifs
Pour le pire et Ă  jamais...

__________
« L'amour c'est ce pays à l'infini ouvert par deux miroirs qui se font face. » est une citation de André Hardellet, un écrivain français.
Elle explique bien quel était leur état d'esprit ; tournés l'un vers l'autre, chacun ne voyant que l'autre ; un monde infini mais totalement limité et fermé.
Et puis l'un des deux (miroirs ; un d'eux, quoi) s'est cassé. Il n'y a pas plus d'explication, mais cette rupture de la résonance a fait rejaillir à leurs yeux le monde extérieur, le forcément imprévu, qui les a frappé brutalement ; l'amnésie qu'ils avaient construit au fil des ans, cette ignorance volontaire, qui trancha dans le vif de leurs vies et les jeta « sur les récifs » de la réalité, de la lucidité, du monde.
__________
... Mais ça y est, tout recommence
J'ai mis la clef
Me voilà de nouveau à tes cÎtés
Tout est permis, tout et mĂȘme rouler
Sans essuie-glace sous la pluie qui bat
Tous phares Ă©teints dans la nuit noire

__________
Et ainsi on revient à ce qui nous était raconté au début ; comment ils ont repris la route, cette fois dans la nuit noire, tout phare éteint, vers l'inconnu et l'imprévisible.
Les trois derniers vers du premier couplet explique donc qu'ils sont prĂȘts, cette fois-ci, Ă  affronter l'inconnu, souffrir de cet imprĂ©visible, quitte « Ă  se laisser faire et faire couler un peu de sang sur le bitume » de leurs vertes annĂ©es ; affronter la dĂ©sillusion, ne plus chercher Ă  prĂ©server leur monde aveuglĂ© et centrĂ© sur eux-mĂȘmes.

Une chanson que je ne sais pas trop comment prendre, du coup. Une sorte d'Amor Fati, en quelque sorte ; l'acceptation de ce qui peut arriver, l'ouverture à l'inconnu et aux aléas ? Un couple qui roule vers le danger possible, et qui affronte la peur du monde et de l'avenir.

 
Publié par 12992 4 5 7 le 1 octobre 2015, 11:54.
Eldorado(s)
Chanteurs : Debout Sur Le Zinc
Albums : Eldorado(s)

Voir la vidéo de «»

Dire «merci» pour cette traduction Corriger une erreur
 

Vos commentaires

Astroboy Il y a 3 an(s) 6 mois Ă  03:52
1164 2 3 Astroboy Un texte incroyablement riche, comme d'habitude chez DSLZ. Je n'ai pas toujours les rĂ©fĂ©rences nĂ©cessaires pour comprendre ces merveilleuses Ɠuvres que j'Ă©coute Ă  longueur de journĂ©e, donc merci beaucoup pour votre Ă©clairage !
tommyvercetti Il y a 3 an(s) 6 mois Ă  17:10
12992 4 5 7 tommyvercetti Tout à fait d'accord. AprÚs, c'est mon interprétation hein :p J'avoue que celle-ci est particuliÚrement ardue, mais de rien :)
Astroboy Il y a 3 an(s) 6 mois Ă  04:05
1164 2 3 Astroboy C'était surtout pour t'encourager à en analyser d'autres ahah ! Dommage que leur forum ait disparu, c'était bien utile pour partager nos interprétations :)
tommyvercetti Il y a 3 an(s) 6 mois Ă  13:04
12992 4 5 7 tommyvercetti lol c'était prévu, et y en a pas mal que j'ai faites déjà de Debout, mais pour cet album bah, j'ai toujours le livre de paroles à cÎté de mon pc hein, mais bon voilà quoi... :p
CaractĂšres restants : 1000