Un vieux matou matois
Et de surcroît matheux
D’une paresse exemplaire
Etirait sa flemme, bienheureux
A la porte d’un monastère
Il entrouvrait parfois un œil
Comptait les mouches alentour
Puis suivant la chute d’une feuille
S’endormait sans recours
Shiva passant par là
Contempla l’animal
Et malgré sa surcharge pondérale
Le trouva plus gracieux que gras
Il le réveille d’une caresse
En lui demandant qui es-tu
Et pour me plaire dis-moi quelles prouesses
Réaliserais-tu
En bâillant le félin marmonne
Je suis un vieux chat très savant
Je sais compter parfaitement
Je vois que cela vous étonne
Jusqu’à combien sais-tu compter
Malicieusement Shiva le teste
Jusqu’à l’infini, à peu près
Affirme ce chat peu modeste
Le Dieu dubitatif aussitôt lui ordonne
De prouver sa prétention
Le chat s’étirant, bâille et entonne
Lentement l’énumération
À trois sa voix devient pâteuse
À cinq à peine si on l’entend
À sept elle n’est plus que rêveuse
À 9 un ronflement…
Alors le roi des Sphères
Philosophe médita
Sur le sommeil du mammifère
Et en conclut qu’un tel état
D’une absolue sérénité
D’oubli, d’abandon de soi
Préfigurait l’éternité
L’infini le Nirvana
Et puisqu’à 9 le chat
S’endormit
Shiva lui octroya
9 vies