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Paroles officielles de la chanson «Non Merci» : Felhur X Andro

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Paroles officielles de la chanson "Non Merci"

Et que faudrait-il faire ?
Chercher label corrompu et puissant
Comme un lierre qui lèche l’écorce en poussant
Attendre qu’un parvenu décore mon torse
Grimper par ruse au lieu de s’élever par force ?
Non merci
Dédier ses vers à une marque de merde
Jouer le bouffon devant des maîtres
Non merci
Faire de l’oseille sur la pauvreté
Placer son héritage de côté
Courber l’échine pour des vanités
Non merci
Rater les émotions viscérales
Juger tout en restant alité
Et s’indigner de l’univers sale
Tout en signant chez
Non merci
Passer dans les médias rap en payant
Baisser la tête devant des imbéciles
Écrire des textes pour eux en bâillant ?
Non merci
Plutôt que l’œuvre chercher les tubes
Regarder l’heure pendant l’étude
La prendre pour acquise, se moquer du futur
Pour plaire à la marquise changer d’attitude
Calculer, avoir peur, être blême
Préférer faire une visite qu’un poème
Chercher le consensus
Aller dans leurs défilés ridicules
Me crever les yeux et poser mon cul
En espérant qu’on m’ait vu et qu’on me suce
Non merci
Se draper de morale, de certitudes
Oublier l’ignorance absolue
Donner un peu d’importance aux juges
Avec un discours qui dissimule
Contradictions qui nous constituent
Prôner des principes qui diminuent
Notre rôle dans tout ce qui continue
Regarder son phone en attendant que ça pop
Pécho des mannequins, des porte-manteaux
Encenser les normes dès qu’on les adopte
Suivre le sillon d’un autre bateau
Non merci Non merci Non merci
Mais chanter, rêver, rire
Passer, être seul, être libre
Avoir un œil qui cherche les sourires
Le ventre, la voix qui vibrent
Se moquer des chapelles et des oraisons
Faire l’intensité pour un oui, pour un non
Perdre souvent son regard loin dans l’horizon
Et jamais ne répondre à un unique nom
Reprendre à Cyrano ses plus belles phrases
Rendre fier l’enfant en soi
Se réjouir à chaque frasque
S’en foutre des draps en soie
Tant qu’on aime personne qui les froisse
Écrire du matin au soir comme des caresses
Ou bien des frappes
Se souvenir de son insignifiance
Se marrer comme Démocrite
Être l’auteur à son encontre
Des plus violentes moqueries
Se dire mon petit sois satisfait
Des fleurs, des fruits, même des feuilles
Si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles
On ne sera jamais le chêne ou le tilleul
Ne pas monter bien haut
Peut-être, mais tout seul
Oui oui... Tout seul...
Tout seul, soit !
Mais non pas contre tous !
Comment diable as-tu donc contracté la manie effroyable
De te faire toujours, partout, des ennemis ?
À force de vous voir vous faire des amis
Et rire à ces amis dont vous avez des foules
D’une bouche empruntée au derrière des poules !
J’aime raréfier sur mes pas les saluts
Et m’écrie avec joie : un ennemi de plus !
Fais tout haut l’orgueilleux et l’amer, mais tout bas
Dis-moi tout simplement qu’elle ne t’aime pas !
Tais toi !