Paris, tu me manques de temps en temps
J’y ai vécu presque six ans
Je suis parti parce qu’elle jouait les vampires avec mon peu d’argent
Tu me manques, j’y ai laissé deux gars là-bas
Un paquet de nuits boycottées, à traîner dans les bars
J’y ai laissé une liberté que j’ai jamais retrouvée
À vivre à l’étroit à trois dans 37m2
J’y ai laissé l’amour, peut-être le bon
À plus revenir la voir dans son petit salon
J’aimais sa folie nocturne
Les parisiens dans leurs jolis costumes
La vie de star où tout coûte une fortune
La Voie lactée des lampadaires qui s’éteignent jamais
L’exposition dans les tunnels de la publicité
Pigalle, tout droit sortie d’un film
Où y a juste à regarder autour de soi pour retrouver le casting
Amenez-moi 20 000 lieues sous la terre dans les métros parisiens
Eux qui transforment en triathlon n’importe quel quotidien
Merci Paris
Paris, tu m’as usé, t’as tué ma patience
J’suis passé d’habitant à juste patient
Malade d’être qu’une vie de plus au milieu des passants
Mais tu me manques de temps en temps
Juste de temps en temps
Paris t’es belle, mais quand on y vit, on s’en rend même plus compte
Tu me fais regretter ma vie d’avant quand je remonte
Tes labyrinthes dans lesquels on se perd pour fuir la météo
Les trottoirs où quelques fleurs poussent dans les mégots
Montmartre, où je perds un poumon après deux marches mais la vue vaut le coup
Une cannette pour deux à repeindre Paris à notre goût
Tu me manques quand je vis la nuit et toi aussi
J’suis seul ici, face à la nostalgie qui éclaire l’insomnie à Place de Clichy
Mais je pouvais plus tu m’étouffes
À toujours courir quand j’suis à bout de souffle
J’ai dû rappeler Toulouse à la rescousse
J’ai fait mes bagages un « Je t’aime » bloqué au coin de la bouche
Salut Paris
Tu sais, c’est pas chez moi ici
Et ça ne le sera jamais
Alors je suis rentré là où j’ai grandi
Là où le soleil a remplacé la pluie
Mais tu me manques de temps en temps
Juste de temps en temps