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Paroles de la chanson «Cargo Culte» par Serge Gainsbourg

Je sais, moi, des sorciers qui invoquent les jets
Dans la jungle de Nouvelle-Guinée.
Ils scrutent le zénith, convoitant les guinées
Que leur rapporterait le pillage du fret.
Sur la mer de corail, au passage de cet
Appareil, ces créatures non dénuées
De raison, ces papous, attendent des nuées
L'avarie du Viscount et celle du Comet.
Et comme leur totem n'a jamais pu abattre
À leurs pieds ni Boeing, ni mĂȘme D. C. quatre,
Ils rĂȘvent de hijacks et d'accidents d'oiseaux.
Ces naufrageurs naïfs, armés de sarbacanes,
Qui sacrifient ainsi au culte du cargo
En soufflant vers l'azur et les aéroplanes.
OĂč es-tu Melody, et ton corps disloquĂ©
Hante-t-il l'archipel que peuplent les sirĂšnes ?
Ou bien, accrochée au cargo dont la sirÚne
D'alarme s'est tue, es-tu restée ?
Au hasard des courants, as-tu déjà touché
Ces lumineux coraux des cÎtes guinéennes,
OĂč s'agitent en vain ces sorciers indigĂšnes
Qui espÚrent encore des avions brisés ?
N'ayant plus rien Ă  perdre, ni Dieu en qui croire
Afin qu'il me rende mes amours dérisoires
Moi, comme eux, j'ai prié les cargos de la nuit.
Et je garde cette espérance d'un désastre
AĂ©rien qui me ramĂšnerait Melody
Mineure détournée de l'attraction des astres.
« Tu t'appelles comment ?
— Melody.
— Melody comment ?
— Melody Nelson. »

 
Publié par 1934 3 5 le 27 mars 2015, 06:07.
Histoire de Melody Nelson
Chanteurs : Serge Gainsbourg

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